Il arrive parfois de ressentir une pointe de découragement, de tout ça pour ça, de à quoi bon, que l’on pourrait traduire plus prosaïquement par l’expression populaire: « pour les couilles du pape », c’est à dire pour rien ou pas grand chose. Nos super coachs, autoproclamés directeurs de conscience modernes, qui foisonnent sur les réseaux sociaux, recommandent, à la criée, de pratiquer le yoga, la sophro, le bouddhisme, le lâcher prise, tout ce qui se termine en thérapie, le vegan, le cross fit et autres joyeuseries qui font de nous des apôtres du bien être, enviables et admirables mais également d’être bienveillants, à l’écoute, prévenants, disponibles mais pas trop, tolérants, innovants mais réalistes, inventifs mais en calculant les risques, portes parole du droit à l’erreur mais limité à une fois et selon conditions, le tout saupoudré d’aphorismes et de petites phrases de grands penseurs ou assimilés comme tels, sans vérification historique et le plus souvent hors contexte …

Ce à quoi on pourrait malicieusement rétorquer … mais à quoi bon ? À quoi bon perdre son temps à acquiescer stérilement à ces évidences qui n’engagent que ceux qui les assènent, au lieu d’être concrètement utiles, à quoi bon sacrifier sa santé et son temps pour une maigre pitance, à quoi bon donner l’alerte quand tout le monde s’émerveille du feu. Et Marivaux d’ajouter : A quoi bon faire des livres pour instruire les hommes ? Les passions n’ont jamais lu ; il n’y a point d’expériences pour elles, elles se lassent quelquefois, mais elles ne se corrigent guère, et voilà pourquoi tant d’événements se répètent. Tout ça pour … Για τους όρχεις του Πάπα !

Illustration : Kaws (http://www.themodern.org)