Dis papa, c’est quoi le deuxième degré ? Le deuxième degré mon enfant c’est un truc d’avant, il n’y a pas si longtemps en fait, qui nous permettait de prendre un peu de distance avec des choses tristes ou tragiques, on rigolait mais en même temps on réfléchissait un peu, mais surtout on rigolait … Dis papa, c’est quoi rigoler ? … Je comprends que tu poses la question. C’est pas encore interdit mais comme toutes les bonnes choses, cela risque de disparaitre… Tu vois, dans le passé le con de base, il était discret, évidemment c’était un con accompli avec son cercle de famille, ses amis, ses collègues, mais il n’avait aucune influence particulière. Depuis la généralisation d’internet et des réseaux, le con, il est devenu puissant, un peu comme un Dark Vador de la bêtise, sans limite et sans contrainte, du coup comme ils sont les légions, parce que la connerie et le sectarisme se multiplient comme des virus, le monde au sens consumériste du terme s’adapte à leurs exigences évidemment absurdes et à courte vue, obnubilés par l’argent facile, le strass factice de célébrités pré-fabriquées et surtout sans spiritualité ni intelligence, parce que le con il a la haine de l’esprit, il s’insurge contre tout et tout le temps parce qu’il se sent systématiquement offensé. Le con au fond méprise la liberté, il aime les carcans, les cases,  la superficialité, faire comme les autres, être comme les autres surtout si les autres sont comme lui, creux, matérialistes et lisses. Dans le mythe de la caverne de Platon c’est celui qui est tout au fond, il se complait dans l’ignorance, il ne prend pas de risques, il revendique son inculture et sa position sociale, le con est fier, mais comme le disait si bien Frédéric Dard “ Rien n’est plus voluptueux pour un pas-con que d’être pris pour un con par un con ” alors parfois on joue le jeu… En définitive il est très difficile de convertir un con, dans l’état actuel des choses, il faudrait juste que le con nous laisse un peu de répit, un peu de leste, un peu de liberté, un peu d’humour, un peu de tolérance, un peu d’espace. Bref, de vie.