Quand je découvre la note caricaturale et unanime attribuée par ce « quatuor » au film T2 Trainspotting, je suis pleinement rassuré. Il est donc possible de vieillir, murir, évoluer, progresser sans pour autant sombrer dans la fange intellectualiste et faussement hype de ces directeurs de pensée mielleux avec leurs amis et fielleux avec tout ce qui ne tourne pas autour de leur petit monde. Preuve de médiocrité, renoncement à l’esprit de Création, à la Liberté, à l’Avant-Gardisme. Véritable quarteron de suivistes, frileux et inconsistants, ils incarnent parfaitement la critique, ce ramassis de frustrés, conformistes et sinistres qui de tous temps n’ont jamais rien compris ni aux oeuvres ni aux êtres mais se sont toujours acharnés à détruire ce qui fera, par la suite, l’objet d’adulation par leurs successeurs dotés de la même courte vue. Armés de leurs sempiternelles gimmicks : « Jubilatoire » « sublime » Le meilleur film de l’année » Impossible de ne pas adorer ce film » adressé à des oeuvres convenues que ce soit dans le mainstream ou l’underground, ils s’acharnent à imposer leurs gouts snobs au grand public qu’ils méprisent (ces gens de peu qui se nourrissent d’humour grossier et de blagues potaches), fiers de leur autoproclamé bagage esthétique, leur façon d’appréhender l’Art et la Culture fait de passe-droits, de pseudo contestation envers l’etablishment et de privilèges… Les voir à ce point identiques et liés, aussi intègres que l’arbitre de Barça – PSG dans leur appréciation me donne autant envie de gerber que cette fashosphère qu’ils condamnent… putain mais à y regarder de près ce sont les mêmes. Désespérant.

Danny Boyle, pour ce 20 ans après, a réussi le tour de force de rapatrier tout le monde, d’Irvine Welsh (l’auteur), en passant par John Hodge (le scénariste), ainsi que tous les acteurs. Pour celles et ceux qui lisent, T2 s’inspire de Porno d’Irvine Welsh (Skagboys, Trainspotting et Porno forment une trilogie basée sur ces mêmes personnages) mais ce n’est pas une adaptation fidèle du roman, ce qui en soit est encore mieux, chaque oeuvre étant une pièce complémentaire de cette comédie humaine rythmée par une bande son de première bourre : Les géniaux Young Fathers, Wolf Alice, Underworld… Nostalgie, air du temps, amitié, amour, vacuité de l’existence, humour, addiction, trahison, Trainspotting 2 est en quelque sorte un épilogue existentiel truculent et savoureux, affranchi des contraintes de surenchère ou de twists industrialisés par les habituels showrunners du circuit. Ce film est un doigt d’honneur à crête de punk à la génération Y, la preuve que les quadra en ont encore sous le kilt. Une réunion avec les vieux potes qu’on adorerait prolonger jusqu’au petit matin blafard. Choose Trainspotting 2