Certains articles, billets d’humeur, avis critiques, peuvent au premier abord donner l’impression d’être ouverts, bienveillants, valorisants mais, après plusieurs lectures approfondies dévoilent une réalité plus glaçante, dérangeante. Preuve que « l’enfer est pavé de bonnes intentions ».

Dans un texte découvert récemment, l’auteur met en perspective les dysfonctionnements inhérents au monde de l’entreprise et en particulier les errements du management avec la sur-connaissance voire la sur-qualification de « subalternes », sorte de morlocks de la société : zélés, trimeurs, petites mains et galériens du quotidien qui compensent et colmatent sans relâche, fidèles au poste, dans l’ombre, sortes de « justes » de l’entreprise.

Je cite :   » Nous connaissons tous des Manuela, Samir ou Hector. Ces personnes ont en commun d’être de véritables pivots de nos entreprises. Elles font partie du patrimoine. Elles incarnent la mémoire de l’organisation et, en cela, lui donnent une âme. Quand on les observe, ou qu’on les interroge, leur moteur est de faciliter la relation, de faire plaisir, de mettre de l’huile dans les rouages… Ce n’est pas la promotion ni l’augmentation de salaire qui les font agir. La gratitude qu’on leur manifeste est leur récompense. « 

Si je lis correctement, l’auteur ne fait pas partie de ces « pivots », il ne se positionne pas non plus comme un observateur impartial mais comme un supérieur, un dominant. Utilisant un effet de discrimination positive, l’auteur tente de rendre, à ces êtres qu’il qualifie par leur prénom, qui travaillent probablement pour la gloire du travail bien fait, ou pour l’amour de servir correctement le Maitre car ni la promotion, ni l’augmentation de salaire ne sont leurs moteurs, un hommage empli de mépris sous jacent.

En effet, l’engagement de ces personnes est du ressort de l’auto-motivation, et leur implication est complètement libre. En effet, aucune fiche de poste ne les contraint à aller au-delà des tâches qui leur sont assignées.

Passer de l’informel au formel en leur donnant un statut différent et plus reconnaissant de leur rôle effectif, les rémunérer en conséquence ne risque-il pas de défaire ce fragile édifice ? Car, on le sait, les engagements les plus forts sont en lien avec de faibles rétributions.

Ben voilà, on est d’accord, on va quand même pas laisser ces manants s’embourgeoiser avec un salaire qui risquerait de leur permettre de vivre et non plus survivre dans un monde de plus en agressif, en particulier sur le plan financier. Le mec il aime avoir du retard dans ses factures, regarder les gens partir en vacances, renoncer à des études pour ses enfants faute de moyen, faudrait quand même pas l’offenser avec quelques euros brut d’augmentation, il risquerait en plus de prendre le boulard… Fort de cet éclairage sur la nature humaine, j’ai un peu peur que Neymar arrête de marquer des buts, à 30 millions d’euros par mois son engagement devrait, si j’ai bien compris, se situer sous le niveau de la mer… Entre nous, je suis pour punir, celui ou celle, qui a inventé les généralités.

Mais n’y a t-il pas un risque plus grand encore : celui de leur épuisement ? Motivé par l’absence de reconnaissance officielle, comme par l’accumulation toujours plus grande de recours à leurs services ?

Ils sont officiellement les maillons faibles de l’organisation, mais dans l’informel qui gère le quotidien, ils en sont le pivot.

Il est donc indispensable de les identifier, de comprendre leurs attentes, et, le cas échéant de les reconnaitre et de les doter de moyens pour agir encore mieux. Certains ou certaines comme j’ai pu en être témoin refuseront car ils ne se sentaient pas à l’aise avec un autre statut, l’officialisation de leurs pratiques…. Craignant le formalisme, ou la perte de leur liberté.

Cela amène à un management différent et tout à fait intéressant car basé sur la liberté de faire, la confiance, l’autonomie …. Sans faire appel aux techniques classiques de l’évaluation de la balance contribution-rétribution. Il s’agit d’un management en contact direct, qui respecte leur zone d’initiatives et mobilise leur connaissance de l’organisation pour veiller à en réduire les failles, à en anticiper les dysfonctionnements. Il s’agit de leur proposer d’être le monsieur ou la madame « plus » du bien vivre ensembleSource : linkedin.com

Généralités. Raccourcis. Préjugés. Réflexion orientée par l’appartenance à une classe sociale et à une fonction. La liste des griefs que l’on pourrait porter à cet article est longue comme le bras d’un porteur de bagages zélé. Tout n’est pas faux bien entendu, mais ça sonne plus comme des dialogues du film OSS 117 que comme une réflexion sérieuse en 2017. A prendre au deuxième degré.