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Victor comme Schoelcher

Réflexions / 29/05/2012

A toutes fins utiles, je précise que c’est une histoire vraie ! Comme de bons petits touristes en Martinique, iIs s’en allèrent gaiement à la recherche du soleil sur une plage de carte postale, lorsqu’ils croisèrent par hasard (y en a t-il ?) un chiot errant qui trainait sa pauvre carcasse malingre le long du bas côté de la route. À bord de leur véhicule de location la gêne s’installa à la vue de cette créature perdue. Ils le cherchèrent du regard mais soudain ne le virent plus. Remisant leur tristesse devant cette réalité (j’y reviendrai), ils se baignèrent tout de même dans une eau à 30 degrés malgré un temps devenu maussade et une averse persistante. Une véritable expérience sensorielle cela dit, les gouttes de pluie qui rebondissent et jaillissent comme des éclats de champagne, cristal sur l’eau et sur le corps, perles qui raisonnent et cognent sur une mer légèrement houleuse…. Après ce moment magique, ils mangèrent la langouste dans un excellent restaurant « les pieds dans l’eau », lorsque la pluie s’abattit cette fois avec violence et sans discontinuer sur cette partie de l’île. Cauchemardesque, torrentielle, diluvienne, ils repensèrent à ce pauvre chien précédemment aperçu. C’est ainsi que remontant à bord de la voiture, ils ne tardèrent pas à le recroiser, seul, la queue entre les pattes, grelottant, apathique, maigre, prêt à sombrer dans les bras de Thanatos. Mais car il y a un mais, les touristes perclus de happy end depuis leur plus tendre enfance, ne l’entendirent pas ainsi, ils s’arrêtèrent, enroulèrent le chiot de 3 mois dans une ouverture, se rendirent chez le vétérinaire et pour abréger (non pas sa vie mais l’histoire), finirent par embarquer le lendemain Victor dans l’avion pour le ramener à Bordeaux. Conscience que cet animal chanceux (l’est-il ?) n’est pas un homme, que sur cette île les codes relatifs aux animaux que nous avons en métropole ne sont pas les mêmes, que cette solution est peut être radicale sinon étonnante, je rappellerai juste ce mot de Victor Schoelcher, l’homme qui a abolit l’esclavage en Martinique : « Comment un homme qui n’aime pas les animaux pourrait aimer ses Frères ? » Dont acte





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