Kierkegaard n’avait pas Google My Business, Twitter , Facebook, LinkedIn ou C8 pour corroborer son propos, mais nul doute que si le grand penseur était encore parmi nous, il se taperait de belles barres de rire (le rire étant la politesse du désespoir) à la lecture des commentaires et autres avis en ligne des haters, toujours plus critiques et de moins en moins réfléchis. Diatribes vides de sens, le plus souvent fieleuses, et qui laissent parfois songeur sur la nature du suffrage universel, arme de destruction massive lorsqu’il est placé entre les mains de vampires assoiffés de sang virtuel, ou de zombies de la pensée unique… Il est vrai qu’à cela Robert Badinter oppose une vérité cynique : Ce que tu ne dis pas t’appartient. Ce que tu dis appartient à tes ennemis. Par conséquent, retranchés derrière cette sacro sainte liberté d’expression, qui nous distingue d’après nos chers dirigeants des contrées dictatoriales, il est permis de dénigrer, avilir, saper, moquer etc. ceux qui ont le courage de s’exposer. Je ne parle pas des polémistes qui jouent de cela avec leurs détracteurs pour améliorer leurs recettes publicitaires, je pense plutôt à ceux qui osent s’exposer sur la place publique pour défendre un projet, une idée, un concept et qui reçoivent comme récompense de leur courage, le mépris de personnes incapables d’entreprendre, incapables de produire autre chose que des inepties. Le combat de la pensée est plus que jamais d’actualité, les risques d’un retour à l’histoire la plus tragique sont de plus en plus grands…

Illustration: Anton Van Dalen http://www.antonvandalen.com