ô rage ! ô désespoir ! notre langage, notre pensée s’appauvrit se lamentent les nostalgiques d’un passé idéalisé mais qui n’a jamais existé. La réalité c’est que la mutation de l’écriture se poursuit inexorablement. Aujourd’hui par exemple, la majorité des utilisateurs de twitter, ce “réseau social” si particulier, savent construire et argumenter une pensée en 140 caractères sans utiliser d’abréviations. La plupart des blogueurs peuvent (théoriquement) rédiger sans trop de difficultés des article de 250 mots. Les facebookiens, les tchatteurs, les forumeurs, les commentateurs contribuent aussi à cette évolution décriée par les apôtres du bien penser. L’objet de cet article n’est pas la linguistique ou l’écriture par elle même. Ce qui m’intéresse, c’est plus la manière dont les textes sont rédigés. Le plus souvent, ils sont l’œuvre de personnes individualistes ou égocentrées qui cherchent à se mettre en avant, à s’auréoler d’une gloire virtuelle. Tous ont généralement un point commun : Leur ton. Cynique, piquant, mordant, à la recherche du bon mot, de la tournure original ou aiguisée. Celui qui prend la parole sur la toile devient à l’usage un as du slogan car sa chance de capter la lumière est faible, il lui faut, de fait, agir efficacement. C’est cette recherche de l’efficacité stylistique qui est aujourd’hui le langage commun du “net”. Au delà d’un lol, d’un kikou, d’un 🙂 ou d’un J’aime. Il y a un moi – je destiné à s’autodétruire… en attendant voyons ou tout ceci peut nous mener et au mieux, régalons nous de la pensée toujours vive de Stéphane Hessel, un Homme accompli de 93 ans capable de dire “Indignez-vous !”. Dont acte.